Retour de la violence
Samedi les
violences ont refait leur apparition alors que les gilets jaunes
manifestaient pour la 18éme fois. Des lieux symboliques du monde
d'en haut, sur les Champs Elysées à Paris, ont été pris pour
cibles. Au même moment dans un autre endroit de Paris et dans
plusieurs villes françaises et étrangères des milliers de personnes
ont manifesté dans le calme pour le climat, réclamant de nos
gouvernants une action déterminée pour éviter ce dont les jeunes
ont peur et le disent aussi, la fin des conditions d'existence pour
les êtres vivants sur la planète. Pendant ce temps le Présimonarque
faisait du ski à La Mongie dans les Pyrénées. Une nouvelle
provocation qui n'a pas tourné à son avantage, le rapprochement des
images d'émeutes dans le centre de Paris avec celles d'un Macron
tout sourire, au soleil, sur des skis s'apprêtant à s'élancer a
été ravageur. Il a interrompu son séjour pour rentrer toutes
affaires cessantes à Paris. Mais que peut-il changer alors que
depuis plus de quatre mois aucune des réponses qu'il a essayé de
donner (quelques sous chichement lâchés et un grand débat bidonné)
n'ont permis de mettre fin à ces épisodes hebdomadaires pendant
lesquels les citoyens continuent d'exprimer leur opposition aux
politiques menées par cette équipe de riches, et que tout aussi
régulièrement les violences se déclenchent sans que la même
équipe ne trouve la solution pour apaiser cette colère en usant
pourtant de toutes les ressources sécuritaires dont elle dispose ?
A tel point que la France est pointée du doigt par les organismes
internationaux comme une nation utilisant des méthodes ultra
répressives avec des moyens, pour ne pas dire des armes,
disproportionné(e)s, de ceux (celles) auxquel(le)s les régimes les
plus autoritaires ont recours pour mettre à genoux leurs opposants.
Dans ce registre, l'Algérie est en train de nous donner des leçons,
le clan au pouvoir depuis 20 ans se montre pour l'instant très
prudent dans la manière d'utiliser ses forces de l'ordre(!) pour
canaliser le mécontentement qui s'exprime dans la rue tous les
vendredis.
Mais,
je le reconnais, j'éprouve toujours un sentiment très ambigu. Moi
aussi les violences me révoltent et je comprends tous ceux qui
réagissent contre. Je comprends que ceux qui en sont victimes
directement car c'est leur bien qui est détruit ou indirectement car
c'est leur outil de travail qu'on leur retire, soient très en
colère. En même temps je ne peux m'empêcher de penser que la
source de cette révolte qui amène cette violence, se trouve dans la
situation très inégalitaire que les politiques ultra libérales
ont imposé à beaucoup de citoyens, à moi même d'ailleurs, faisant
partie de cette classe de retraités moyens que l'on a ponctionnés
par une augmentation des taxes et par la fin de l'indexation de notre
pension. Pour moi, sans conteste, la violence ontologique est celle
portée par la morgue de tous ceux qui font allégeance à
l'idéologie mortifère de soumission à l'économie ultra libérale
et au règne sans partage de la finance. Le problème c'est que les
contempteurs de cette pensée unique se trouvent bien souvent parmi
ceux qui, ne faisant pas partie des principaux bénéficiaires, s'en
font pourtant les plus acharnés défenseurs, le rejet de la violence
leur servant d'alibi. Les mêmes d'ailleurs qui, poussant
l'aveuglement jusqu'au bout, vont dénoncer la lucidité des citoyens
critiques envers ce système, d'être les complices des casseurs,
dédouanant par là même, les dirigeants qui refusent
idéologiquement de traiter le mal par les racines, des racines qui
s'ancrent profondément dans la démarche d'un quadruple
asservissement : social, économique, écologique et culturel
voulu et orchestré par l'oligarchie possédante.
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