Débat mode Macron

Sur la 5, dans une émission dont j'avais dit que je ne voulais plus la regarder, j'ai écouté lundi des chroniqueurs au discours insupportable quant aux évènements de samedi et surtout quant au mouvement des gilets jaunes. Jusqu'à présent il y avait comme une sorte de retenue, on sentait bien que dire que les revendications portées étaient fondées, ça passait mal dans la gorge de ces habitués des plateaux qui transmettent au bon peuple l'image ripolinée de la société française, celle que domine l'argent. Mais là, au prétexte que la violence s'est à nouveau invitée dans les manifestations du samedi, ils se lâchent sans retenue. Et font en sorte que leur logorrhée envahisse l'espace temps et ne permette aucune discussion sérieuse. La pensée unique est à l'oeuvre. L'opprobre est jetée sur tous ceux qui pourraient ne pas acquiéscer. Et même si un malaise est palpable parmi les autres intervenants des plateaux, personne ne se risque vraiment à exposer les questions réelles que suscitent les revendications et les actes de violence qui les accompagnent. Définitivement elles sont anti républicaines. Si aujourd'hui la république c'est ce que notre gouvernement nous fait vivre, alors oui, elles le sont ! Mais non la république ne sert pas prioritairement à défendre les acquis des nantis, la république, la vraie, c'est celle qui permet à tous de vivre tout simplement et non pas de survivre, de vivoter, en exclu, sans abri, sans ressource, sans protection, sans affection... comme c'est le cas pour de nombreux citoyens. Se lever contre cette république sourde, aveugle et surtout égoïste, n'est pas un délit mais un devoir. 
Macron a paradé  devant un parterre d'intellectuels qui, si ils y étaient, avaient trouvé bon d'y être. 
Ils savaient pourtant comment cela allait se passer, le présimonarque écoute, prend les questions et ensuite la parole pour ne pas la lâcher jouant de sa position dominante d'élu au suffrage universel à la fonction la plus haute de notre démocratie républicaine. Ce type de rencontre, quelques soient la qualité, les diplomes, les titres, les fonctions de ceux qui y ont été invités ne peut en aucun cas se vivre comme un débat, c'est même le contraire. Il a duré 6h pendant lesquelles le Présimonarque a délivré sa sauce sachant en fait que dans sa tête le public auquel il s'adressait n'était pas celui qui, physiquement était présent mais les électeurs et les élus de son parti à qui il a donné tous les arguments pour mener campagne. Parmi les invités il y avait Dominique Méda une sociologue très engagée qui a expliqué les raisons de sa présence dans une tribune publiée dans Libération hier en disant qu'il lui 'semble important qui'il (Macron) puisse discuter avec des universitaires et des intellectuels... ' car elle n'est ' pas certaine que le Président et ses équipes lisent tous nos écrits '. Elle pense Qu'une autre voie est possible, l'a exprimé de nombreuses fois et l'a écrit dans un livre éponyme. J'aimerais savoir ce qu'elle a tiré de ce débat, savoir si elle a pu exprimer et surtout argumenter cette thèse en totale contradiction avec celle sur laquelle Macron s'appuie.

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